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Alors que je
cherchais le thème de mon intervention, je ne pouvais
chasser de mon esprit cette phrase du peintre Paul Klee : "L’art ne décrit pas le visible, il rend
visible." Comme une ritournelle obsédante, je n’ai pu me
soustraire au pouvoir magique de ces quelques mots : "L’art
ne décrit pas le visible, il rend visible". Le sujet de mon
exposé s’est donc imposé à moi : puisqu’il était question de
visible et de cet autre chose que l’art exprime quand "il
rend visible", il m’a paru intéressant de tenter une mise
en lumière des rapports obscurs qu’entretient l’astrologie
avec l’imagerie artistique.
Cette communication a donc pris
la forme d’un commentaire astrologique sur des œuvres
picturales ou photographiques.
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Sommaire
Rendre visible
Visite guidée
Victor VASARELY
Maurits Cornelis ESCHER
Vassily KANDINSKY
Le modèle R.E.T. ®
Cet article est issu d'une communication réalisée pour le
colloque conditionaliste de Paris en 1998 sur le thème "Image et Représentation". |
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Cette réflexion entre astrologie et
production artistique, à la lumière de cette célèbre phrase
de Paul Klee me permet du coup de rappeler, en aparté, cette
évidence dans l’ordre du sacré de la vie : l’astrologie ne
décrit pas le sujet (la personne), mais elle "le rend" (à
lui-même) ou le dévoile. Telle devrait être sa visée à mon
sens. En effet, après une longue pratique de l’astrologie,
je dois bien admettre que nos discours (et l’astrologie en
est un, comme toute "logie") fatiguent bien souvent la
vérité, celle du sujet en l’occurrence qui souhaite au-delà
des mots et des discours, retrouver ou reprendre contact
avec sa véritable nature ou son identité foncière. |

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En effet,
combien de discours, d’interprétations aussi habiles
soient-elles, de pronostics, viennent grever le sujet d’un
poids inutile de déterminismes. Il faut beaucoup de doigté,
de respect, et je dirais d’une certaine religiosité, pour ne
pas enfermer l’autre, le tout autre qu’est la personne qui
vient consulter, dans nos catégories, nos positions d’école,
nos présupposés toujours partiels. Là n’est pourtant pas le
sujet de cet article, simplement ce rappel m’avertit que je
n’échapperai probablement pas à ce maléfice du discours,
celui d’enfermer quelque peu le réel, indomptable par
nature…comme le vent…
Rendre visible
D’après le Petit Robert
une acception du verbe rendre signifie "faire passer d'un
état à un autre", ce qui suggère que l’art aurait une
fonction transformatrice. "Rendre visible" pourrait, selon
ce point de vue, être mis en rapport avec la fonction
Jupitérienne ou Uranienne du R.E.T. C’est-à-dire toute
fonction élaborant du visible à partir d’un niveau de
réalité empirique ou expérimentale (pour Jupiter) ou d’un
niveau de réalité non immédiat et non manifeste (pour
Uranus).
M’appuyant
sur le modèle R.E.T., je suis tenté de penser que l’art,
d’essence plus mystérieuse que concrète, procéderait
davantage de la fonction Uranienne que Jupitérienne, sans
quoi il serait comparable à n’importe quel relevé
topographique. En effet la fonction Jupitérienne part du
niveau manifeste, des réalités concrètes pour en décrire ou
rapporter formellement ses caractéristiques selon une grille
de lecture convenue et qui fait sens immédiatement. L’art
qui décrirait le visible selon cette logique resterait
cantonné à une simple opération de retranscription
conventionnelle du plan manifeste et visible, à la manière
de l’art officiel des régimes totalitaires (le réalisme
socialiste par exemple).
Non, puisant ses informations dans
une invisible et mystérieuse dimension plutonienne
(niveau-source des informations multiples, complexes et
énigmatiques), l’art emprunterait les chemins privilégiés de
la fonction Uranienne pour traduire l’invisible en
lumineuses esquisses. Peut-être ! Mais cette conception
risque aussi de sous-valoriser les voies symétriques de la
fonction Mercurienne qui sont celles de la désacralisation
et de l’interrogation (en effet, la fonction Mercurienne,
multiplie en mille facettes, pourrai-je dire, le
niveau-source solaire, du simple et de l’unique. Dans le R.E.T., Mercure part du niveau-source Solaire et arrive au
niveau-source Plutonien).
À ce titre, lorsqu’on jette un
regard rapide sur la production artistique, on retrouve ce
balancement du pendule Uranus-Mercure. Aux œuvres qui
prennent leurs sources dans une mystérieuse origine et qui
accouchent de nouvelles représentations, répondent celles,
plus libres, qui questionnent le visible de l’art. En le
renvoyant parfois aux limbes hypothétiques de son origine ou
en montrant tout simplement les limites. Le XXe siècle est
riche d’expériences où l’œuvre est tellement questionnée, la
vision de l’artiste tellement distanciée que l’art se met à
douter de lui-même. Le mouvement Dada des années 20 et le
Pop Art qui lui succède dans les années 50, par exemple,
vont en quelque sorte désacraliser l’art, mais le rendre
aussi plus prosaïque en le rapprochant du quotidien. Selon
les propos d’un historien de l’art, spécialiste du Pop Art,
des artistes tels Richard Hamilton ou Paolozzi "ironiseront
sur la société de consommation, sur la disponibilité totale
des produits et des images" et joueront "avec les valeurs
et les vérités de ce que l’image médiatique tient pour
acquises".
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R.E.T. circulaire et transitions de niveaux
Le R.E.T.
est composé de 3 étages ou 3 niveaux-source d’informations.
Le Soleil, niveau-source des informations simples (le connu,
les mots univoques, l’évidence des représentations, le
court-terme), Mars, niveau-source des informations duelles
ou composées (l’expérience, la logique des faits, les
duo-duels de l’existence, le moyen-terme), Pluton,
niveau-source des informations multiples et complexes
(l’inconnu, le mystère, la transcendant indéchiffrable, le
long terme). Les significations planétaires peuvent donc se
comprendre dans cette logique comme des transitions de
niveaux, des ‘transformateurs’ d’informations. Ainsi chaque
planète peut transformer ou confirmer son niveau-source
d’information. Par exemple, la fonction Solaire, confirme le
simple par du simple, le mot par le mot, l’évidence par
l’évidence. A ce titre, c’est un des centres du R.E.T., tout
comme Mars et Pluton qui eux aussi confirment leur
niveau-source. La fonction Solaire évoquera toute notion
auto-référante, comme le pouvoir du Roi, l’évidence d’une
vérité qui ne se réfère qu’à elle-même, ou d’une identité
qui ne tire sa valeur que d’elle-même : "je suis qui je
suis". Autre exemple, la fonction Uranienne, élaborera à
partir d’informations subtiles et indéchiffrables (niveau
Plutonien) des modèles ou représentation simples. Comme les
fonctions poétique et prophétique qui peuvent parfois
parvenir à dire l’indicible. Je vous renvoie au tableau en
fin d’article où sont décrites les fonctions planétaires
suivant cette logique de niveaux d’informations.
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Richard HAMILTON - 1956
"Qu'est-ce
qui peut bien rendre nos intérieurs
d'aujourd'hui si différents, si séduisants?" |
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À la lueur de ces premières considérations, on
pourrait être tenté de diviser les artistes en deux grandes
catégories, l’une réunissant ceux qui montrent le visible,
en jouent et le questionnent, l’autre, réunissant ceux qui
font émerger de nouvelles représentations de la nuit de
leurs inspirations. Ces derniers incarneraient d’ailleurs
l’image mythique de l’artiste telle que nous l’a léguée la
Renaissance. Dans notre jargon planétaire, la première
catégorie serait en affinité avec la fonction Mercurienne et
plus généralement avec la famille "Grand R" du R.E.T.
(Représentation Extensive) ou pouvoir de l’image, et la
deuxième avec la fonction uranienne ou plus généralement
avec le "grand T" (Transcendance Extensive) ou pouvoir de
l’invisible.

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R.E.T. circulaire et familles
planétaires

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Dans la
Famille "Grand T" (Transcendance Extensive), nous
pourrions y mettre, pêle-mêle, nombre de surréalistes, Dali,
Magritte, Man Ray, des plus classiques aussi : Léonard de
Vinci, Dürer, dans quelques œuvres isolées : Apparition
céleste ou Vision de rêve. Et beaucoup d’autres.
Plus près
de nous, Man Ray, indissociable du surréalisme, utilisera de
façon non conventionnelle la photographie pour faire surgir
par le biais de manipulation chimique ou optique des images
étranges à forte charge subjective ou onirique. Pour Man Ray
la photographie deviendra révélatrice de "modèle purement
intérieur." (Portrait, 1920, Larmes, vers 1930.)
Les
surréalistes feront un plein emploi de procédés mécaniques
qui leurs permettront d’accréditer et objectiver en quelque
sorte la subjectivité de leurs visions.
Dans la famille
"Grand R" du R.E.T. (Représentation Extensive), plusieurs
sous catégories sont possibles : celle des artistes
confirmant en usant (voire abusant) des signes de l’art, les
officielles et les pompiers. Dans notre jargon, toutes
formes d’expression en rapport avec le maintien des modèles.
On aura reconnu la formule "Représentation de
représentation" de la fonction Solaire. Autre sous
catégorie possible, celle des artistes qui usent, s’amusent
(avec ou sans muses) des signes de l’art. Ceux qui en
multiplient les expressions jusqu’à l’absurde, jusqu’au
non-sens. On aura reconnu la formule "Transcendance de la
représentation" de la fonction Mercurienne déjà évoquée.
En
fait, pour chaque fonction planétaire, il est possible
d’associer des modes d’expression artistique. Avec le risque
toutefois de tomber dans un systématisme que j’éviterai en
reprenant notre balade commentée dans le visible de l’art.
Ce qui me semble surtout intéressant c’est d’essayer de
comprendre la façon dont peut s’incarner une fonction
planétaire ou zodiacale dans le processus qui conduit
l’artiste à rendre visible ou montrer le visible. Je vais
donc continuer à vous montrer quelques œuvres, d’artistes
connus, en tentant un commentaire astrologiquement
pertinent. Ce qui pourrait montrer que le terrain privilégié
de l’influence astrologique n’est pas seulement le
psychologique ou l’événementiel, mais aussi la vie de
l’esprit dans ses formes les plus variées.
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Albrecht DÜRER - 1492
"Apparition
céleste

Man RAY - 1930
"Larmes" |
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Visite guidée
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Victor VASARELY

En Bélier, le jour s’égalise en durée avec la nuit.
Le jour
l’emporte sur la nuit dans une dynamique de croissance
jusqu’au solstice d’été
Pour commencer, un Bélier
s’imposait. VASARELY (Victor, né le 9 avril 1908 à Pécs -
Hongrie) s’est avant tout intéressé aux effets optiques et
de structure, à leur réduction à une sorte de commune mesure
traduisible en "noir et blanc". Ses procédés reposent
essentiellement sur le choc visuel. Choc obtenu, de l’avis
d’un spécialiste, en "accroissant les oppositions
lumineuses, les stimulants colorés et surtout les divers
effets optiques possibles..." On reconnaîtra ici un des
effets de l’égalité jour-nuit caractérisant le Bélier et qui
incite à accentuer les contrastes et à accroître les
oppositions. Vasarely utilisera dans toute son œuvre ce
double balancier jour-nuit aux mouvements antagonistes.
Certaines œuvres comme Zèbres (de 1934) et surtout Catch
(de 1945), peuvent être considérées comme des illustrations
presque parfaites du sens de contraires ou "choc des
contraires" Bélier. J’aime à voir dans cette dernière
composition de 1945, le combat du Jour contre la Nuit. Le
Jour comme vous pouvez le voir semble même sur le point de
gagner l’affrontement... ce qui se produit réellement autour
du 21 mars lorsque le Soleil entre dans le Signe du Bélier.
En accord avec la quarte zodiacale de l’énergie (Bélier,
Taureau, Gémeaux) le cinétisme de Vasarely (5 planètes dans
les signes des Bélier, Gémeaux) puise sa source dans
l’utilisation ingénieuse du noir et du blanc et des
contraires qui peu à peu vont d’ailleurs s’emboîter pour
aboutir à des compositions telles que Taymir (1958) ou
Eridan-III (1956.) De l’avis des historiens de l’art, ces
compositions reposent "sur la combinaison de deux éléments
géométriques s’emboîtant l’un dans l’autre... L’ensemble de
ces unités plastiques binaires, puisque se présentant sous
le double aspect biforme et bicolore, constitue l’alphabet
dont Vasarely va désormais se servir". Alphabet bipolaire
qui pourrait par conséquent témoigner d’un alphabet
universel dont les phases caractéristiques du cycle zodiacal
pourraient être les unités sémantiques. Et quoi de plus
naturel, pour un Bélier, de privilégier l’unité sémantique "Sens des contraires" dans l’écriture de son œuvre.
Les
compositions de Vasarely marquées, comme nous venons de le
voir, par le choc des contraires auront également ici et là
(Eridan-III) la tentation du sens des ensembles Gémeaux (le
Signe des Gémeaux est occupé par les 3 planètes Vénus, Mars
et Pluton). Sens des ensembles qui consiste à gérer une
totalité formée de parties composites. Jean-Pierre NICOLA
utilise la métaphore de l’habit d’Arlequin composé de
losanges colorés et cousus pour faire un seul costume, pour
exprimer le problématique des Gémeaux qui est de grouper et
souder une totalité sans sacrifier l’originalité des
éléments qui le compose. Mais chez Vasarely, la totalité
n’écrase ou ne délie jamais ce sens des contraires qui, non
résolu, maintient une tension qui permet à l’artiste de
créer des effets optiques ou cinétiques d’une grande
puissance. Vega-II (1957-59)
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Victor VASARELY - 1945
"Catch"
Le combat du jour et de la nuit

"Catch" (détail)

Victor VASARELY - 1956
"Eridan III"

Victor VASARELY - 1957-1959
"Vega-II" |
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M.-C. ESCHER - 1957
"Remplissage d'une surface" |
Maurits Cornelis ESCHER

En Gémeaux, le
jour croît vers sa durée maximale.
La "diffusion" maximale
du jour sensibilisera au "sens des ensembles",
c’est-à-dire au besoin de faire tenir ensemble une totalité
d’éléments
Un autre
artiste, dessinateur et graveur cette fois, témoigne à
merveille du sens des ensembles Gémeaux. M.-C. ESCHER est né
le 16 juin 1898 à Leeuwarden (Pays-Bas) avec un amas de 4
planètes en Gémeaux (7 au total en signes solsticiaux). Tel
l’habit d’Arlequin, les compositions d’Escher réunissent non
pas des losanges colorés et cousus mais toutes sortes de
figures (anges, démons, objets) qui s’imbriquent les unes
dans les autres pour former des ensembles étranges, presque
écrasants.
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M.-C. ESCHER
"Métamorphose" |
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M.-C. ESCHER - 1961
"Ruban de Moebius"

M.-C. ESCHER - 1960
"Montée et descente" |
Dans ces compositions
appelées "remplissage irrégulier de surface" l’auteur
souligne "qu’elles n’ont pu être composées qu’après des
années d’entraînement de remplissage régulier de la surface". Préoccupation ma foi bien Gémeaux que celle de remplir
des surfaces "par ajout successifs ou amalgame de nouveaux
éléments aux formes variées". Ne perdons pas de vue la
dynamique naturelle du Signe des Gémeaux où le jour toujours
en croissance est sur le point d’atteindre sa durée
maximale. Les synthèses Gémeaux se caractérisent donc par
leur dynamique d’ouverture, la totalité embrassant toujours
plus, assemblant amis et ennemis, chiens et chats, pour et
contre. Et lorsque la synthèse atteint son comble la
dispersion ou l’éclatement ne sont pas loin. Dans la
Condition Solaire (Jean-Pierre NICOLA, 1964) nous pouvons
lire très justement à ce propos : "La dispersion des
Gémeaux a pour unité un mouvement créateur de métamorphoses
: mouvement semblable à l’onde d’excitation qui dégèle les
stéréotypies et les inductions tenaces. Mais cette unité n’a
pas de centre stable, le Moi est en expansion, éparpillé
comme une brassée de moineaux et volatilisant les formes
qu’il voudrait fixer". Je n’ai pas trouvé, on pouvait s’en
douter, de moineaux dans l’œuvre d’Escher mais des dragons,
volatiles divers et autres animaux aquatiques et terrestres
qui s’assemblent en métamorphoses étonnantes tels que le
montrent ces gravures.
Nous avons là une belle illustration
du sens des ensembles allié à la vitesse d’excitation qui
caractérisent en conditionalisme le type Gémeaux pour lequel
"Les liaisons conditionnelles se font et se défont, les
rapports entre signaux disparates s’établissent sans
difficulté et ne résistent guère aux opportunités pour se
défaire".
Je finirai enfin en illustrant un autre aspect
des Gémeaux déjà entrevu qui est la perte ou la
détérioration du sens des contraires au profit du sens des
ensembles. Ce qui peut aboutir lorsqu’on traite de l’espace
à des paradoxes topologiques qu’illustrent parfaitement le
Ruban de Moebius. Montée et descente (lithographie de 1960
ci-dessous) met en scène deux files de personnages montant
et descendant respectivement un escalier sans fin.
C’est-à-dire un escalier qui ne descend ni ne monte en
réalité.
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Vassily KANDINSKY

En Sagittaire, la nuit vole vers
sa durée maximale…
Autre artiste peintre de sensibilité
musicale, pionnier de la peinture moderne, Vassily Kandinsky
est né à Moscou le 5 décembre 1866. Natif du Sagittaire, il
est donc né au moment de l’année où la nuit est sur le point
d’atteindre sa durée maximale. Selon les définitions
conditionalistes le Signe du Sagittaire est marqué par "l’apothéose et l’emprise de la non présence gouvernant
l’invisible, l’au-delà, l’abstrait, les données
socioculturelles plutôt que les pulsions fondamentales des
êtres terrestres". On pourra donc s’attendre à trouver dans
l’œuvre de Kandinsky la trace ou l’indice de cette dynamique
zodiacale.
Certains d’entre vous le savent peut-être déjà,
dans la logique naturelle du zodiaque photopériodique, les
arcs diurnes synonymes de présence (le jour pour le Soleil)
et les arcs nocturnes synonymes d’absence (la nuit pour ce
même Soleil) agissent comme des stimulateurs de l’activité
neurophysiologique en déclenchant des réponses adaptées ou
inadaptées selon les moyens du bord. Parce que zodiaque
externe (celui du signal photopériodique) et zodiaque
interne (celui des réponses neurophysiologiques) ont en
commun une même structure rythmique, il doit être possible
de déduire du premier les réponses probables du second.
C’est pourquoi, et pour schématiser, le jour-présence est en
affinité avec une sensibilité au visible, au tangible et au
manifeste, tandis que la nuit-absence est en affinité avec
une sensibilité à l’invisible, à l’intangible et à
l’abstrait.
Est-ce donc par le plus pur des hasards qu’il
revient à Kandinsky d’avoir affranchi au début des années 10
la peinture de la figuration, c’est-à-dire de toute
référence aux objets visibles, au réel tangible et manifeste
de la peinture classique ? Suffit-il d’être natif du
Sagittaire pour accomplir d’une façon aussi claire et
manifeste une telle révolution ? A mon avis, d’autres
facteurs, d’autres conditionnements (familiaux,
socioculturels, historiques, etc.) devaient être présents
pour que ce Sagittaire pût vivre et exprimer à un haut
niveau la formule zodiacale de son signe.
Kandinsky, plus
que tout autre artiste de son époque et de son temps, était
animé par un idéalisme forcené, presque absolu, un idéalisme
tout tendu vers la spiritualité. Que témoigne plus
particulièrement son œuvre écrite, Du spirituel dans l’Art,
qui comporte ici et là des accents théosophiques. Selon
Ramon Tio Bellido, auteur d’une monographie du peintre aux
éditions Hazan (1987), "La thèse centrale de l’ouvrage
revendique une thématique spirituelle, libre et universelle,
comme seule source d’inspiration de l’artiste, qui doit
déboucher sur un ‘antimatérialisme’ (ou un ‘immatérialisme’)
commun à tous...".
Idéalisme, spiritualité, universalisme
sont les maîtres mots du Sagittaire de haut vol. Notions à
mettre en rapport avec le sens des ensembles qui, sous ce
Signe, prend la couleur de la nuit, une nuit qui vole vers
son maxima, à l’image d’une flèche lancée vers un but
lointain, fédérateur, un idéal de l’art capable de sublimer
les pulsions instinctives et animales de l’homme.
L’imagerie
zodiacale traditionnelle qui représente le Sagittaire sous
les traits d’un centaure mi-homme mi-cheval tendant son arc
vers le ciel ne s’y est pas trompé elle aussi. Les extrêmes,
le proche et le lointain, le cheval et l’étoile, le
terrestre et le céleste, l’instinct et le sublime, sont
réunis par le sens hautement associatif de l’esprit humain.
Associativité qui en Sagittaire atteint sa puissance
maximale selon les définitions conditionalistes.
Kandinsky, connaissait-il l’astrologie ? Je n’ai pas trouvé
dans son œuvre d’allusions directes qui pourraient nous le
laisser croire. En revanche, la thématique du cavalier,
autre image du Sagittaire, est omniprésente dans son œuvre :
dans Le parc de Saint-Cloud au cavalier (1908), dans La
montagne Bleue (1908), dans diverses Improvisations, dans
Lyrique (1911), etc.

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Vassily KANDINSKY- 1908
"La montagne bleue"

Vassily KANDINSKY- 1909
"Improvisation III"

Vassily KANDINSKY- 1912
Projet de couverture pour le catalogue du Blaue Reiter

Vassily KANDINSKY- 1911
"Lyrique"
Dans l’œuvre de Kandinsky, la thématique du cavalier, des
signes en forme de flèche rappellent étrangement la
symbolique du Sagittaire.
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Arrivé au terme de notre balade, force de constater que
l’approche zodiacale est riche pour éclairer de façon non
orthodoxe l’œuvre, la vie d’un artiste. Je me suis borné
dans cette communication à un petit tour d’horizon du côté
de la peinture. Si le temps n’était pas un obstacle,
d’autres peintres auraient mérité qu’on s’y attarde un peu,
ne serait-ce que les grands pionniers de l’Art moderne qui
ont ouvert la voie à l’art abstrait : Paul Cézanne
(Capricorne), Pablo Picasso (Scorpion), Henri Matisse (autre
Capricorne), Fernand Léger (Verseau), Paul Klee (autre
Sagittaire). Tous, vous l’aurez peut-être remarqué, sont nés
sous la domination de la non-présence (nuits ou arcs
nocturnes dominants) qui sensibilise comme nous l’avons vu à
l’invisible, à l’intangible et à l’abstrait. Est-ce là
encore un pur effet du hasard ou la manifestation de lignes
de forces naturelles et invisibles dont l’art serait le
terrain privilégié. Ce qui nous permettrait de mieux
comprendre cette phrase lancinante oubliée un instant du
Sagittaire Paul Klee : "L’art ne décrit pas le visible, il
rend visible"

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Le R.E.T.
Chaque planète peut se définir par
sa relation à trois niveaux de réalité ou niveaux-source
désignés par Représentation (‘R’), Existence (‘E’) et
Transcendance (‘T’).
Au niveau ‘R’ ou Représentation (niveau
des informations simples) nous sommes d'abord sensibles aux
apparences (niveau des images, des mots, du connu).
Au
niveau ‘E’ ou Existence (niveau-source des informations
duelles et composées) nous sommes sensibles au concret
(niveau des expériences sensorielles, des faits, des actes).
Au niveau ‘T’ ou Transcendance (niveau-source des
informations multiples et complexes) notre sensibilité nous
branche d'abord sur ce qui échappe au niveau 'R' et 'E', à
savoir le niveau des lois inconnus de la nature, du mystère
ultime des êtres et des choses.
L'organisation planétaire
propre de chaque thème natal renseigne sur les niveaux de
sensibilité auxquels notre 'condition astral' nous
prédispose dès notre naissance.
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Diagramme circulaire du R.E.T.
montrant la dynamique des fonctions planétaires ainsi que
leur signification fondamentale.
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Significations
fondamentales des fonctions planétaires selon la logique du
modèle R.E.T.
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Lune
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Homogénéité et
équilibre. Faculté d’abandon et de lâcher prise. Le
quotidien sans histoire.
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Jupiter
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Représentation de
l’Existence (e.E)
Mettre en scène,
expliciter ce que l’on vit. Les rôles de la vie
publique. Le réalisme utilitaire, la rentabilité à
court terme.
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Soleil
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Représentation de
représentation (r.R.)
Les modèles, l’image
que l’on se fait de soi-même, notre niveau de
conscience, le maintien de notre identité. |
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Saturne
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Transcendance de
l’Existence (t.E.)
Recherche des réalités
non immédiates. Approfondissement de l’expérience
par décantation, distanciation vis à vis des normes
et apparences. La rentabilité à long terme. |
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Mercure
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Transcendance de la
Représentation (t.R.)
Ouverture à l’inconnu
par désacralisation, multiplication, interrogation
des signes, mots, images. Ouverture spontanée. |
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Neptune
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Existence de la
Transcendance (e.T.)
Éprouver, vivre les
énigmes de l’être. Emergences sensibles et non
représentables de l’inconscient. Les manifestation
de l’invisible que l’on porte en soi.
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Vénus
|
Existence de la
Représentation (e.R)
Concrétiser les mots,
les images. Leur donner une forme, une vie, une
couleur. S’ouvrir à l’autre par partage d’une même
vision.
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Uranus
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Représentation de
la Transcendance (r.T.)
Codification de
l’inconnu et ses émergence en signes évidents ou
certitudes sans faire appel à l’expérience sensible. |
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Mars
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Existence de
l’Existence (e.E)
Maintien des duo-duels
nécessaires pour exister en plus fort. Vivre pour
vivre. Le réalisme sans recul. |
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Pluton
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Transcendance de la
Transcendance (t.T.)
Maintien des énigmes
de l’être. L’inconnu et sa résistance aux évidences
et réalités sensibles. |
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