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On appelle « runes » les
caractères alphabétiques dont se servaient les anciens
Scandinaves et avec lesquels sont écrites les très
nombreuses inscriptions rupestres et sur dolmens d'une
région très étendue de l'Europe septentrionale. « Les
Germains, dit Tacite, consultent le sort au moyen de petites
branches d'arbre sur lesquelles on grave certains signes et
qu'on jette pêle-mêle sur un linge blanc. On les prend
ensuite au hasard par trois, en successions diverses, et la
combinaison des signes sert à formuler les présages. » Cette
indication classique faisait présumer que les runes avaient
une valeur divinatoire, comme les caractères hébreux, et il
devenait intéressant d'en connaître la nature et l'origine.
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Sommaire
Article
paru dans
"Les cahiers astrologiques" n°4
Avec l'aimable autorisation
de la société Logistel
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Le touriste, désireux de se renseigner, visite le magnifique
musée préhistorique et archéologique de Stockholm. Il est
tout d'abord frappé par la splendeur des collections
d'objets des âges du bronze et de la pierre polie, puis il
recherche les tambourins lapons et les calendriers de bois
pyrogravé qui représentent les premiers chaînons de son
enquête. Les calendriers, dont les plus récents sont
d'ailleurs du XVIIIe siècle, semblent être plus ou moins la
reconduction utilitaire et prosaïque des tambourins des
chamanes nordiques. Ils portent, au lieu du nom des saints
chrétiens, des figurations astronomiques comme si les hommes de ces pays
aux longues nuits d'hiver étaient des familiers du monde stellaire,
comme s'ils en connaissaient tous les aspects, comme si les
constellations étaient, pour eux, aussi parlantes que, pour nous, les
noms de nos éphémérides.
Dans certains calendriers, les dessins de constellations
deviennent des runes. Il y a donc filiation entre dessins de
constellations et runes; du moins c'est l'impression qu'on éprouve, et
elle éveille immanquablement des réminiscences: l'archéologue se
souvient de certaines pierres gravées d'Europe et même de France qui
portent, à côté de cupules, de bassins, de croix, de pieds humains, de
rouelles, de sabots, d'équidés, des caractères runiques, comme en
Scandinavie même on les rencontre à côté de figurations d'animaux,
d'hommes ou de vaisseaux.
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Quant aux tambourins
magiques lapons, ils donnent généralement l'image renversée
d'un planisphère céleste plus ou moins incomplet mais
facilement identifiable: les dessins en sont plus archaïques
que ceux des calendriers, mais leur parenté n'est pas
discutable. On connaît assez bien les pratiques magiques et
mantiques des chamanes, et les auteurs les plus réputés n'hésitent pas à
affirmer qu'un grand nombre de traditions extrême-asiatiques ont pour
origine les méthodes chamaniques qu'il faut faire remonter aux âges les
plus lointains puisque, pour certains d'entre eux, Lapons et Esquimaux
sont des Magdaléniens attardés, et pour nous, des paléolithiques.

Tambour runique de Shaman - copie d'un
tambour catalogué en 1837
Norvège 2005 - The Schoyen collection |
Aussi bien la réputation magique et surtout
divinatoire des runes est-elle fort ancienne. On la retrouve signalée
dans maintes traditions des peuples circumméditerranéens: plusieurs
alphabets archaïques de nos régions présentent des analogies si
frappantes avec les runes qu'il est permis de se demander si ces
dernières sont, comme le disent les encyclopédies, copiées sur les
anciens caractères grecs ou phéniciens ou si, au contraire, ces derniers
sont inspirés des runes ou de caractères archaïques encore plus anciens.
Les découvertes de Niébla, en Andalousie, ont apporté de
nouveaux éléments à cette discussion: les ruines
cyclopéennes qu'on y a dégagées et dont les fondations
reposent sur un niveau paléolithique, comportent en effet
des caractères ibériques jusqu'à leurs bases, bien
au-dessous des couches puniques et phéniciennes. Il semble
donc désormais plus probable que les caractères alphabétiques du type
runique sont antérieurs à l'histoire et peut-être néolithiques si on ne
tient pas compte de ce qu'on n'ose encore appeler des « inscriptions »
relevées sur les os des grottes de la Dordogne et dont l'aspect est
extrêmement voisin.
Ici comme là sont
utilisées des « ligatures », c'est-à-dire des caractères assemblés par
deux ou par trois, en doublets ou en triplets, pour former un mot
dissyllabique ou trisyllabique.
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Classiquement, il
existe 16 runes tandis qu'il existe 22 caractères hébraïques,
indice supplémentaire de haute antiquité. Les 22 caractères
hébraïques représentent 22 arcanes majeurs; ils étaient
eux-mêmes primitivement des dessins de constellations;
notamment dans leurs formes archaïques dites « Céleste, Malachim ou Passage du fleuve ». Si les 22 caractères
hébraïques ont pour origine la carte céleste, rien ne
s'oppose à la recherche d'une origine analogue pour des
caractères au moins aussi anciens, sinon davantage.
Parallèlement; la tradition nordique donne des valeurs
tarotiques aux runes; c'est ainsi que leur traduction semble
être la suivante: |


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| Frey
Volonté, Habileté, Feu,
Naissance
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Ur ou Vuy
Lumière, Principe, Savoir, Science |
Thor ou
Thot
Action, Union, Magie noire |
Os
Réalisation, Verbe, Bouche, Vagin |
| Reid
Loi originelle, Religion
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Kaum
ou
Kans
Tentation, Race, Magie |
Hazel
Victoire, Foi |
Naud
Contrainte du destin
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| Is
Je, Action, Pouvoir hypnotique
|
Ar
Soleil, Aigle, Maître, Noble |
Saun
Puissance spirituelle |
Tyr
Celui qui témoigne, qui se
sacrifie |
| Bierk
Le Barde, le Couple, Produire
|
Lauge ou Lauy
Nécessité d'apprendre la vie |
Madur
Les Hommes, l'Homme, la Fatalité
|
Eir ou Eur
Malheur, Négation, Égarement |
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Il suffisait de
les superposer aux valeurs cabalistiques pour trouver leur
ordre et pour les attribuer aux signes du zodiaque et aux
planètes, en tenant compte qu'il y a six caractères de moins
qu'en hébreu.
Ce dernier alphabet présente trois caractères
transcendantaux, non astronomiques, en revanche il y a, dans
les runes, trois lettres « doubles.», c'est-à-dire
correspondant à la fois à un signe planétaire et à un signe
zodiacal.J'ai fait
figurer sur ce cadran les signes zodiacaux tels qu'on les
représente actuellement, et les signes runiques
correspondants, mais nous avons dessiné également les
aspects des constellations tels qu'ils étaient notés par les
Scandinaves.
Ces aspects sont scrupuleusement respectés dans
la forme des lettres si bien que tout lecteur avait à la
fois devant les yeux, en lisant une rune, le son
alphabétique et la valeur astrologique. Cette singularité
explique la formation des noms quotidiens susceptibles
d'être inscrits dans un calendrier.
En inscrivant les
aspects célestes à un jour donné, on obtient, avec le
système runique, une succession de lettres qu'il est
possible de lire phonétiquement et par conséquent de
traduire par un mot qui devient le nom du jour. Autrement,
dit, il existe pour chaque jour de l'année un nom ou prénom
(notre « nom de baptême ») indiquant le thème astrologique
de l'individu né ce jour-là et qui est proprement son
véritable « nom de naissance ».
Bien entendu, chaque
individu peut porter successivement plusieurs noms chaque
fois qu'un important événement devient un avènement,
c'est-à-dire modifie ou oriente à nouveau le sens de sa vie:
il peut porter un nom d'homme marié, celui du jour de son
mariage, un nom de chef, un nom de prêtre, etc.

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Gravure extraite des « Sages
Écritures », 1 vol. chez Derain, éditeur à Lyon.
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Cette
coutume est d'ailleurs explicitement notée par divers
historiens pour des peuples très éloignés les uns des
autres. Les valeurs tarotiques des runes expliquent par
ailleurs le renseignement donné par Tacite: gravées sur des
morceaux de bois, il était possible de les « tirer » comme
on tire cartes ou tarots, et par conséquent d'en tirer des
présages. Il est permis, par surcroît, d'imaginer qu'à côté
des noms « thèmes » il était possible de composer les noms « vénéfiques », c'est-à-dire indiquant les influences
nécessaires à tout individu pour améliorer les «
inclinations » indiquées par les astres horoscopiques.
 Cette
possibilité correspond d'ailleurs plus parfaitement au nom
de baptême qui est un nom favorable; il indique (depuis le
christianisme) le nom d'un personnage influent capable
d'influencer favorablement la destinée.
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Autrefois,
ce nom, comme l'indique expressément Cornélius Agrippa,
était un nom fabriqué de toutes pièces au moyen de signes
qu'il dit abraxas et qu'il ne peut pas toujours déchiffrer,
justement parce qu'écrits en runes, comme en témoignent les
talismans de Grégoire le Grand où les runes sont
généralement fort mal dessinées et à peine déchiffrables.
Un point nouveau nous a
paru, par surcroît, digne d'être noté: si, actuellement, les
runes sont au nombre de seize, il existe sur les rochers
gravés et sur les dolmens scandinaves, comme d'ailleurs dans
les inscriptions ibériennes ou analogues, d'autres
caractères que l'on considère généralement comme des
variantes des premiers, mais qui ne nous paraissent
cependant pas utilisés arbitrairement.
Peut-être étaient-ils
prononcés d'une façon un peu différente, en tous cas ils ne
semblent pas représenter les mêmes constellations. Tout fait
supposer que ces lettres n'étaient pas zodiacales ou
planétaires, mais qu'elles correspondaient, par exemple, aux paranetellons ou à des constellations diverses susceptibles
d'être observées dans les régions nordiques et dont les
valeurs ne sont plus connues et les influences ne sont plus
déterminées ou utilisées dans les thèmes modernes.
Nous en
puisons l'assurance dans l'examen des calendriers
scandinaves et des tambourins chamaniques. Pourquoi des
familiers du ciel n'auraient-ils pas donné une importance,
secondaire peut-être mais utile, aux constellations dont ils
observaient la position et dont ils faisaient usage pour la
notation quotidienne et sans doute pour celle du nom de
naissance ou du nom vénéfique?
N'ayant étudié que
superficiellement la question, nous la livrons tout entière
aux méditations des spécialistes. Il serait possible de
tirer de cette étude une conclusion inattendue sur
l'antiquité de l'astrologie: il semble de plus en plus
probable que les animaux peints, sculptés ou gravés des
grottes de la Dordogne, au moins pour un certain nombre, ont
la même valeur que les animaux des cartes célestes des
dolmens et des rochers scandinaves. Les uns et les autres
sont des représentations de constellations.
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Certains groupes
peuvent, en effet, être assimilés à des portions d'une carte
céleste, les animaux y sont gravides comme ceux que
figurèrent, des millénaires plus tard, les artistes
égyptiens et grecs. Les représentations d'hommes, de
navires, d'animaux ont, en Scandinavie, des significations
astronomiques, et par voie de conséquence, astrologiques
puisque toute l'astronomie lapone n'a pas d'autre valeur
pratique.
Les nordiques sont des paléolithiques attardés,
successeurs authentiques des hommes des cavernes qui
suivirent, vers le Nord, les rennes et les bœufs musqués à
la fin de la dernière glaciation. Leurs coutumes furent, il
y a un siècle à peine, celles de nos ancêtres de la
Dordogne. Leur astrologie était encore, il y a peu de temps,
ce qu'était celle des Magdaléniens français il y a 20.000
ans. L'astrologie semble donc avoir été la première création
de l'esprit humain à partir de l'observation du ciel et
tendant à élever leur connaissance vers un monde qui n'était
pas celui de la stricte matérialité, premier indice de
pensée métaphysique ou religieuse. Il devient ainsi possible
de dire de cette science parfois décriée ce qu'on dit de la
Culture égyptienne et de la Sagesse: plus on remonte dans le
passé et plus on la trouve parfaite... A nous d'essayer de
renouer le fil ténu et peut-être rompu qui nous relie à cet
Age d'Or dont on parle, hélas, comme d'un Paradis perdu et
qu'on n'espère plus atteindre, que ce soit dans ce monde ou
dans l'autre.
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Les Sept Qualités de la
Personne des ésotéristes arabes (la Vie, la
Connaissance, la Puissance, la Volonté, la Parole, l'Ouïe et
la Vue) sont les sept qualités planétaires, car la Vie
appartient au Soleil, la Connaissance à Saturne, la
Puissance à Jupiter, la Volonté à Mars, la Parole à
Mercure, l'Ouïe à Vénus et la Vue à la Lune.
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